
C’est avec émotion que Julie Sanz, pour sa toute première intervention publique en tant que maire, a accueilli les participants à la marche “De Málaga aux Pyrénées”, près du monolithe de la plage nord. Ils étaient partis du camping roussillonnais pour rejoindre ce lieu qui marque l’entrée sud du camp d’Argelès.
Cette marche, dont c’est 4e édition, commémore la terrible carretera de la muerte (route de la mort) qui, en février 1937, jeta sur la route de Málaga à Almería des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuyant la violence et la barbarie franquiste. Beaucoup ne survécurent pas mais, deux ans plus tard, les rescapés de cette tragédie durent, avec d’autres, reprendre le chemin de l’exil : celui de la Retirada, qui les mena jusqu’au Pyrénées pour finir par être internés dans des camps français.
“Cette marche est un refus de l’oubli” a déclaré la maire dans un discours où elle a évoqué “une mémoire qui traverse les frontières, comme ces femmes et ces hommes les ont traversés”, avant de saluer le travail du Mémorial du camp d’Argelès et celui de l’association Fils et filles de républicains espagnols et enfants de l’exode (Ffreee), représentée par sa présidente Jacqueline Payrot. Elle a également tenu à citer les associations co-organisatrices : Associació catalana de persones ex-preses polítiques del Franquisme, Amical de les brigades internacionals de Catalunya, Amical antics guerrillers de Catalunya, Grup de recerca de la Memòria històrica de Mataró et La Desbandá.
Le consul d’Espagne de Perpignan, Marcelino Cabanas, a qualifié la Retirada de “grande tragédie de ce siècle” et affirmé “qu’Argelès est un endroit très particulier, pour l’Espagne comme pour la France”. Il a également souligné, en tant que représentant du gouvernement espagnol, l’importance de cette journée commémorative et plus généralement des actions pour la Mémoire démocratique.
Jacqueline Payrot a rappelé que la création de Ffreee, le 20 juillet 1999, avait pour but de faire reconnaître le combat des républicains espagnols contre la barbarie fasciste. Évoquant l’ancien président de Ffreee : “Un jour, Serge Barba a eu l’idée de créer ces marches commémoratives “Caminos, camins, chemins de la Retirada”. Cette marche, la Desbandá, s’inscrit dans la même veine”. Rafael Moralesn président de l’association La Desbandá a salué le soutien des institutions et des associations mémorielles “sans lesquelles il aurait été difficile de s’organiser”.
Alors qu’un temps de parole était offert au public, Fédérico Lorente, membre de Ffreee, a fièrement brandi un drapeau républicain aux couleurs délavées et expliqué son histoire : c’est celui que son propre père portait lorsqu’il a franchi le col d’Ares, en 1938. Il le sort à chaque commémoration.