
Fruit d’un partenariat entre l’association Ffreee (Fils et filles de républicains espagnols et enfants de l’exode), le Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer, l’association Cinémaginaire et la municipalité, le Ciné mémorial reprend vendredi 10 octobre à 18 h, au cinéma Jaurès, avec la diffusion d’un film documentaire de Marc Weymuller, “La promesse de Franco” (Espagne-France, 2013, 123 minutes).
Belchite, en Aragon, est une ville emblématique de l’amnésie collective qui a frappé l’Espagne après la guerre civile. À la fin de la guerre d’Espagne, Franco veut faire des ruines de Belchite un témoignage, une sorte de vitrine immuable dénonçant pour l’éternité les exactions de ses adversaires, tentant par la même occasion de faire oublier les nombreux crimes de son camp.
Aujourd’hui, la mémoire blessée des habitants se perd dans les ruines de l’ancien village qui fut le théâtre de très violents combats et les rues de la nouvelle ville, construite par Franco… Les deux villages vivent ainsi, côte à côte, dans la coexistence énigmatique du passé et du présent. Mais rien ne semble parvenir à les relier. Confrontés au mutisme des pères, les enfants s’interrogent. Face aux décombres, chacun raconte son histoire…
Après avoir découvert fortuitement, lors d’un voyage en Espagne, les ruines du vieux village de Belchite à quelques centaines de mètres du nouveau, Marc Weymuller y est revenu entre 2009 et 2011, plusieurs semaines par an, afin de réaliser un film au long cours sur son histoire et ses habitants. La promesse de Franco propose au spectateur de suivre le réalisateur dans son enquête sur l’histoire de ce village, où la parole est longuement laissée aux habitants, dans un pacte de lecture de type documentaire, modalisé par les interventions en off d’une voix qui s’exprime en tant que sujet.
Le film s’inscrit dans la mouvance du nouveau cinéma documentaire, inauguré dans les années 1960 par quelques pionniers (Rouch, Resnais, Marker…), qui récuse la pseudo-objectivité du reportage et assume le point de vue nécessairement subjectif depuis lequel il rend compte d’un réel qui ne peut être que partiel.
Rencontre avec le réalisateur Marc Weymuller après la séance.
